Invité de France 24 en marge du salon IFTM Top Resa à Paris, le ministre ivoirien du Tourisme et des Loisirs, Siandou Fofana, a annoncé le lancement des travaux d’Akwaba Park, un grand parc d’attractions attendu depuis 2018. Nous faisons le point sur ce projet, son histoire et ce que cette promesse implique.

La Côte d'Ivoire sur une carte de l'Afrique de l'Ouest

La Côte d’Ivoire sur une carte de l’Afrique de l’Ouest

Une annonce faite à Paris, en pleine IFTM Top Resa

Le 16 septembre 2026, Siandou Fofana était l’invité du Journal de l’Afrique de France 24, présenté par Meriem Amellal. Le ministre se trouvait à Paris à la tête de la délégation ivoirienne de l’IFTM Top Resa, le grand salon professionnel du voyage organisé du 15 au 17 septembre à la Porte de Versailles.

L’entretien portait surtout sur le bilan de la stratégie « Sublime Côte d’Ivoire », lancée en 2018 et devenue, selon le ministre, une véritable marque pour promouvoir la destination. Une annonce présentée comme exclusive a retenu notre attention : celle d’Akwaba Park, décrit comme le plus grand parc d’attractions du continent et comme un « Disneyland à l’africaine ».

Akwaba Park, un projet né en 2018

Le nom n’est pas nouveau. La première pierre avait été posée le 3 juillet 2018 à Port-Bouët, dans le sud d’Abidjan, sur un terrain de 100 hectares situé à 14 kilomètres de Grand-Bassam. Le projet prévoyait un parc d’attractions, un parc aquatique et deux hôtels écologiques, pour un investissement de 80 milliards de francs CFA, soit environ 122 millions d’euros, apporté par des banques et investisseurs ivoiriens.

L’ouverture était annoncée pour 2022. Elle n’a pas eu lieu. En 2019, le ministère avait même dû démentir des rumeurs de déménagement et réaffirmer que le parc resterait à Port-Bouët. Depuis, le projet s’était fait discret.

Songon, 100 hectares et un calendrier resserré

Sur France 24, le ministre a situé le démarrage des travaux à Songon. Il ne s’agit pas d’un quartier d’Abidjan, mais d’un ensemble de villages ébriés situés à l’ouest de Yopougon, devenu en 2001 une sous-préfecture du District autonome d’Abidjan, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de la ville. Le ministre a évoqué un parc de 100 hectares, un début de chantier en octobre, l’achèvement d’une première phase en 2028 et une livraison complète en 2030.

Ce lieu change la lecture du dossier. Songon accueille déjà un autre projet annoncé en juin 2026 : le Parc Oriental de Songon, porté par le consortium CRBC. Sa première phase représente plus de 120 milliards de francs CFA, soit environ 183 millions d’euros, sur 120 hectares. Elle comprend un parc aquatique, des espaces de loisirs pour enfants et un hôtel, avant l’ajout d’un complexe neige et glace et d’un hôtel de conférence dans une seconde phase. Son calendrier prévoit une première pierre en septembre 2026, des travaux en janvier 2027 et une ouverture en octobre 2028.

Les deux calendriers se ressemblent beaucoup. À ce stade, aucune source écrite ne précise si Akwaba Park a été transféré de Port-Bouët à Songon, s’il se confond désormais avec le Parc Oriental ou s’il s’agit de deux projets voisins. Nous suivrons ce point de près.

Un « Disneyland à l’africaine » : ce que la promesse implique

La formule la plus intéressante tient moins à la référence à Disney qu’à la précision qui l’accompagne. Selon le ministre, le parc aura pour vocation de promouvoir l’imaginaire africain et ivoirien, ainsi que les légendes du continent. C’est une promesse de parc à thème au sens fort, et non d’une simple accumulation de manèges. Abidjan compte déjà des parcs de loisirs appréciés des familles, comme Paradisia, et Haliat Parc à Yamoussoukro a reçu en 2026 le Prix national d’excellence. Un parc fondé sur la mise en scène de récits africains occuperait une place nouvelle.

Pour mesurer l’ambition, un repère français est utile : le Parc Spirou Provence, parc à thème construit de toutes pièces à Monteux. Il a ouvert en 2018 sur 4,5 hectares avec une douzaine d’attractions, dont plusieurs fournies par des constructeurs réputés comme Zierer et Simworx. Il s’appuyait sur une opération de près de 50 millions d’euros, et l’investissement total devait atteindre environ 85 millions d’euros en 2024, pour 25 à 30 attractions sur près de 10 hectares.

Le budget initial d’Akwaba Park, environ 122 millions d’euros, dépasse donc celui du Parc Spirou, mais pour une surface dix fois plus grande, avec en plus un parc aquatique et deux hôtels. Les coûts de terrassement et de main-d’œuvre sont sans doute plus faibles à Abidjan. En revanche, les attractions seront très probablement commandées à des constructeurs spécialisés, européens pour beaucoup, et facturées au même prix qu’en France : dès 2018, le néerlandais Vekoma faisait partie des partenaires reçus par le ministère. Sauf nouveau financement, l’enveloppe connue correspond à un grand parc régional plutôt qu’à un complexe de l’échelle de Disneyland Paris, l’un de nos parcs de cœur, dont la seule transformation en Disney Adventure World a mobilisé 2 milliards d’euros. La promesse gagnera donc à être précisée : budget actualisé, partenaires de conception, premières attractions.

La CAN, une vitrine réussie

Le pays peut s’appuyer sur un précédent récent. Du 13 janvier au 11 février 2024, la Côte d’Ivoire a accueilli la 34e Coupe d’Afrique des Nations, et les Éléphants l’ont remportée en battant le Nigeria 2 à 1 en finale, au stade Alassane-Ouattara d’Ebimpé. Au-delà du titre, l’hôtellerie, la restauration, les agences de voyage et les transports ont profité de l’afflux de visiteurs, avec des retombées estimées à 550 millions d’euros. Le pays en a profité pour promouvoir « Sublime Côte d’Ivoire » dans les cinq villes hôtes. La compétition a démontré une capacité d’accueil sur laquelle un grand parc pourra s’appuyer.

Le tourisme d’affaires comme tremplin

En juin 2026, le ministère a présenté le bilan de « Sublime Côte d’Ivoire » : 6,7 millions de visiteurs en 2025, plus de 1 100 milliards de francs CFA de recettes, soit 8,7 % du PIB national. Sur France 24, Siandou Fofana a ajouté que le nombre de chambres d’hôtel avait doublé, et qu’Abidjan s’était imposée comme un pôle régional du tourisme d’affaires, derrière le Nigeria et le Maroc. Il avançait déjà ce troisième rang africain dans un entretien accordé en 2018 à l’Oxford Business Group.

L’objectif est de transformer ces voyageurs d’affaires en visiteurs de loisirs, de faire d’Abidjan un « carrefour des loisirs » du continent et de hisser le pays dans le peloton de tête des destinations africaines d’ici 2030, avec de nouveaux hôtels cinq étoiles. Le ministre a aussi rappelé les parcs et réserves naturelles, la biodiversité reconnue par l’Unesco, l’écotourisme et le tourisme balnéaire.

La sécurité, un message adressé aux visiteurs

Le ministre est revenu sur l’attentat de Grand-Bassam, en mars 2016, qu’il a qualifié de traumatisme. Il a assuré aux partenaires du pays et aux voyageurs que la Côte d’Ivoire est aujourd’hui un pays sûr, où la sécurité a été renforcée. Pour préparer un séjour en famille, nous recommandons de compléter ce message par les conseils aux voyageurs du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères.

Ce qu’il faut retenir

  • Le projet : Akwaba Park, parc d’attractions annoncé comme le plus grand du continent, sur le thème de l’imaginaire et des légendes africaines.
  • Le lieu : Songon selon le ministre, alors que le projet de 2018 était situé à Port-Bouët ; le lien avec le Parc Oriental de Songon reste à clarifier.
  • La superficie : 100 hectares annoncés.
  • Le calendrier : travaux en octobre, première phase en 2028, livraison complète en 2030.
  • Le budget : environ 122 millions d’euros en 2018, sans chiffre actualisé à ce jour.
  • Pour les voyageurs : consulter les conseils aux voyageurs officiels avant tout séjour.

Notre regard de passionnés

Nous accueillons cette annonce avec intérêt et avec la prudence que son histoire impose. L’idée d’un grand parc qui raconterait les légendes africaines est enthousiasmante : elle pourrait donner naissance à un lieu singulier, plutôt qu’à une copie des modèles européens ou américains. Le projet Dragon Ball sur l’ancien site de Mirapolis nous l’a rappelé : entre l’annonce et l’ouverture, le chemin est long.

Trois signaux nous permettront de juger de la solidité du projet : un premier coup de pioche effectif en octobre, un budget et des partenaires rendus publics, et une clarification du lien avec le Parc Oriental de Songon.

Ce sujet nous touche aussi plus personnellement. Couple mixte et famille recomposée, nous comptons la Côte d’Ivoire parmi les pays qui comptent le plus pour nous, et nous avons hâte de la découvrir ensemble en famille. Si Akwaba Park tient ses promesses, nous serons au rendez-vous pour vous le raconter.

Pour écouter l’entretien complet du ministre, retrouvez le Journal de l’Afrique du 16 septembre 2026 sur le site de France 24. Bon visionnage !