Parents, pensons ensemble la réforme des rythmes scolaires. La tribune et quelques remarques d’un papa solo à l’aube de la famille recomposée.


J’ai été sollicité via Twitter il y a quelques jours au sujet de cette tribune. La solidarité et l’entre-aide entre blogueurs et utilisateurs des réseaux sociaux, est toujours bienvenue, comme cette initiative au sujet de la réforme des rythmes scolaires.

Si j’en partage les grandes lignes, j’ai quand même quelques remarques à faire valoir, en tant que papa solo de deux petites filles, à l’aube de la recomposition. Assez pour que je ne la signe pas d’emblée tout en soutenant l’idée et l’esprit.

Je m’étais déjà exprimé sur le sujet en Juin 2010, et si mon avis a varié sur la semaine de 4 jours, les grandes lignes sont toujours valables : Question de rythmes scolaires et de zones. Je vous invite à lire également cette note : Présidentielles 2012 : Pourra-t-on enfin débattre de la coparentalité, de la médiation familiale, et de la résidence en alternance ?

Le décret est lisible ici sur Legifrance

Mes remarques à la suite de la tribune.

Nous sommes parents.

Nous sommes inquiets.

En maternelle et en élémentaire, le passage à la semaine à 4,5 jours doit être mis en œuvre dès la rentrée 2013, soit dans 9 mois. A ce jour, l’information dont nous disposons est parcellaire et contradictoire. Le projet tel qu’envisagé ne nous semble pas à la hauteur des enjeux.

Nous croyons cette réforme nécessaire et en partageons les objectifs, à savoir mieux apprendre et favoriser la réussite scolaire de tous. Depuis 2008, les écoliers français ont le nombre de jours d’école le plus faible des 34 pays de l’OCDE et de fait des journées plus longues et plus chargées que la plupart des autres élèves dans le monde. Cette situation est préjudiciable et doit être revue.

Cependant, le projet de réforme qui nous est présenté ne nous semble pas répondre à ces objectifs. Le choix de l’organisation sera à la discrétion des municipalités. On risque de se retrouver avec des communes où les enfants auront cours le samedi, d’autres le mercredi, d’autres encore auront une pause de midi allongée, d’autres finiront plus tôt et auront une période d’études/garderie plus longue, etc. Les moyens mis en œuvre dépendront essentiellement du budget des communes. Impossible, dans ces conditions, d’imaginer que cette réforme soit facteur d’égalité entre tous les enfants de France, quel que soit leur lieu de résidence et leur établissement scolaire. Il appartiendra aux municipalités de faire un choix et d’en répondre devant les électeurs en 2014.

Nous espérions qu’à l’occasion de la réforme des rythmes scolaires, la place des arts, de la culture, des langues et du sport, etc. serait au cœur des préoccupations. Or, l’opacité des moyens à mettre en œuvre, l’augmentation du nombre d’enfants par animateur dans le temps périscolaire ainsi que la place choisie par les mairies pour ce temps (notamment à l’heure du déjeuner) vont diluer ces espoirs de diversification et de renforcement de ces enseignements.

Nous espérions également que cette réforme porterait sur l’intégralité du rythme scolaire, y compris le découpage entre vacances et classe et notamment la durée des grandes vacances. Force est de constater qu’il n’en est rien.

Nous sommes déçus et inquiets et rejoignons ainsi bien des enseignants. Nous craignons que l’augmentation du temps périscolaire sans réflexion quant à son contenu ni quant aux moyens de mise en œuvre fasse de ce temps un temps de désœuvrement organisé… Cela irait encore une fois à l’encontre de l’objectif de la réforme.

Afin de préserver le symbole de la demi-journée de cours supplémentaire, Il est essentiel de ne pas sacrifier les apprentissages, de ne pas perdre cette opportunité historique d’accroître l’égalité des chances des enfants face aux activités artistiques et sportives en créant du temps de garderie. Cela n’apporterait rien aux enfants, dévaloriserait un peu plus l’école et la fonction des enseignants et remettrait en question l’organisation des familles.

Nous devons à nos enfants une réforme ambitieuse.

Citoyens connectés, blogueurs, parents, nous avons reçu de nombreux retours d’autres parents qui partagent nos inquiétudes et ne se sentent pas représentés.

Nous demandons à être entendus.

Prenons le temps de réformer l’école ensemble. 

Mes remarques :

  • Il est clair que le projet proposé par le gouvernement ne répond pas du tout l’enjeu. On ne parle qu’organisation de la semaine, et non de pédagogie, de programme, et trop peu de l’organisation des journées comme des vacances ou encore de l’organisation des parents qui doivent souvent composer avec des employeurs exigeants dans un contexte de fort chômage. Un enfant qui termine à 16H va la plupart du temps en garderie, sa journée est donc déjà longue et la réforme n’y changera rien ! (sauf à ajouter une demi-journée …)
  • Le texte semble accepter le fait que nous ayons trop peu de jours d’écoles : reste (à mon sens) à prouver, il y a d’autres actions possibles sur les programmes et l’organisation des journées. Et au lieu de rajouter une demi-journée par semaine, pourquoi ne pas simplement réduire les vacances d’été. Après tout quels parents ont plus de 5 semaines de vacances pour en profiter avec leurs enfants qui ont également un trop forte coupure entre 2 niveaux ?
  • Le texte semble aussi aller dans le sens (en tout cas la formulation pourrait le laisser entendre) d’une semaine à 4,5 jours, alors que je ne suis pas convaincu aujourd’hui (c’était différent il y a quelques années) que ce retour en arrière soit forcément une bonne chose. D’ailleurs à l’époque tout le monde louait cette semaine de 4 jours ! Je prends l’exemple des parents séparés – de plus en plus nombreux malheureusement – qui profitent d’avoir un “we supplémentaire” du Mardi soir au Jeudi matin, moment privilégié avec leurs enfants. Je pense aussi à la possibilité d’avoir un repos un peu plus long possible le Mercredi matin (quoique les chrono-biologistes en pensent, bien que l’on trouvera toujours un expert pour penser le contraire de l’autre et que l’on s’attend à ce qu’ils changent tous d’avis après la réforme). Les centres de loisirs pourraient par contre avoir d’avantage de moyens pour les activités sportives et culturelles.
  • Ce qui m’intéresse encore davantage c’est la suppression des zones, qui posent des problèmes au niveau organisation familiale dans le cadre de séparation de fratries, ou des familles recomposées. Ils en ont parlé, mais… l’industrie de tourisme veille… et le lobbying est en marche.
  • Et puis… On ne parle pas du collège et du lycée…

En bref, une réforme bien peu ambitieuse, qui ne répond pas aux problème, et qui au contraire pourrait bien en ajouter sous prétexte de revenir sur un changement voulu par une précédente majorité (quoique l’on puisse en penser).

Et vous qu’en pensez-vous ?

Pour signer c’est ici : http://parentsensemble.com