Hyperloop, Space X et l’avenir du transport … en commun. Êtes-vous prêt à voyager avec Big Falcon Rocket grâce à Elon Musk ?


Alors que nous sommes au démarrage d’un conflit autour de l’avenir de la SNCF, je me suis rendu compte, en écrivant cet article sur la traduction instantanée, que je n’avais jamais cité le projet Hyperloop sur ce blog. Étonnant tant ce projet me passionne.

Il s’agit “d’un train” sous forme de “capsules” qui se déplace à haute vitesse dans un tube. Sans entrer dans le détail technique elles sont surélevées par sustentation magnétique pour éviter les frottements (il n’y a pas de rails), et propulsées par un champ magnétique généré par des moteurs à induction placés à intervalles réguliers. Il serait théoriquement plus rapide qu’un avion sur un trajet comme Los Angeles – San Francisco parcourant 550 kilomètres en 30 minutes soit une vitesse de 1100 kilomètres par heure ! Et l’idée à terme est qu’un réseau mondial voit le jour, comme un super métro hypersonique reliant les grandes métropoles concurrençant très ouvertement l’avion avec un prix défiant toute concurrence (quand on voit ceux des avionneurs ce n’est pas compliqué) et s’affranchissant des contraintes horaires avec des départs plus fréquents.

carte-metro-hyperloop

© Penguin Books

C’est l’entrepreneur “génial” Elon Musk à qui l’on doit aussi PayPal (depuis vendu à eBay), Space X et Tesla, qui a commencé à en parler en 2012. Il encouragerait même le côté Open Source et on dit qu’il n’aurait déposé aucun brevet.  Maintenant 3 sociétés se disputent ce marché : Hyperloop One (auquel participe la SNCF), Hyperloop Transportation Technologies et Transpod. Elon Musk fustige même le projet en construction  California High-Speed Rail dont le coût serait astronomique et disproportionné par rapport à ses prévisions (60 milliards pour ce dernier contre 6 milliards pour Hyperloop).

Ça c’est pour la vision d’Elon Musk. J’imagine déjà les lecteurs incrédules qui doutent de la réalité d’un tel projet. Il y de bonnes raisons à cela et le projet doit se confronter à des expérimentions pour prouver son bien fondé. Plus que la réalité de la technologie, on s’interroge sur les conditions du voyage (est-ce que ce sera aussi anodin qu’un trajet en TGV ?), la sécurité (en cas d’incendie par exemple ou d’éventuels impacts sanitaires ou écologiques), le financement et la législation. Bien sûr il y a la nécessité de créer un réseau aujourd’hui inexistant dans des zones déjà fortement construites. On a déjà du mal avec la ligne 17 du métro, alors un hyperloop … Pas sûr, alors que la dette de la SNCF atteint aujourd’hui 54,5 milliards d’euros (dont 46,6 pour la branche chargée du réseau). En 1991 l’Allemagne avait pris à sa charge la dette de 37 milliards d’euros de la Deutsche Bahn, ce que la France a jusqu’ici toujours refusé de faire. Au contraire la charge de lignes à grandes vitesse a été énorme, et on parle toujours de projets (indispensables il est vrai) comme le CDG Express qui n’a toujours pas vu le jour. Enfin, on fustige (à très juste titre) la faiblesse des lignes régionales, celles du quotidien, qui nécessitent une forte mobilisation. Au final on a du mal à imaginer comment on pourrait financer un projet comme Hyperloop. Mais ce serait peut-être le prendre par le petit bout de la lorgnette.

En effet ce ne serait pas le premier rêve de Jules Verne à devenir réalité, et beaucoup étaient sceptiques (et le sont encore les pauvres) sur les possibilités d’aller sur la Lune par exemple. Et il y a Elon Musk qui a montré quelques réalisations concrètes avec Space X, et dont on sait qu’il faut le prendre au sérieux. Enfin, dans les multiples expérimentations l’une d’elle va très probablement se dérouler à Toulouse ! On va donc doucement commencer à avoir du concret. Cela laisse songeur tant les avantages seraient nombreux, notamment d’un point de vue économique et écologique (on pense à la pollution mais aussi aux nuisances sonores près des aéroports). De nombreux emplois seraient créés pour leur construction et leur exploitation, et – au même titre que la traduction instantanée, l’avantage premier serait de rapprocher les peuples. Rêvons un peu d’une ligne sous-marine (comme l’Eurostar) entre Paris et New-York : 5 839 km. À 18,3 kilomètres par minute le trajet prendrait moins de 5 heures et demi contre 8 heures en avion (sans compter le temps interminable passé à l’embarquement). Ne me dites pas que, combiné à un tarif plus abordable, vous n’iriez pas plus souvent ? Avec ça vous prendrez bien une voiture autonome à l’arrivée jusqu’à chez vous ? 🙂

Pas certain que je vois un tel projet de mon vivant, mais j’espère que quelques lignes auront vu le jour, notamment en Europe. Il ne manquerait plus que l’on soit, une fois encore, à la traîne sur une nouvelle révolution.

BFR

Vue d’artiste du décollage d’une fusée de SpaceX : BFR Mars. Credit: SpaceX

À moins qu’Elon Musk nous surprenne avec un autre projet comme Big Falcon Rocket (BFR) (ou Big F***ing Rocket) qui permettrait de relier Paris – New York en 30 minutes, Los Angeles – Londres en 32 minutes, ou Sidney – Dubai en 40 minutes. Comment ? En utilisant des fusées Space X propulsées au méthane liquide et à l’oxygène liquide. Carburant très peu cher, et fusées réutilisables permettraient, pour le prix d’un billet d’avion, de transporter entre 80 et 200 personnes. Il nous faudrait donc moins de temps pour traverser l’atlantique que pour rejoindre Paris depuis certaines villes de banlieue … Par contre on s’interroge là aussi sur la sécurité et les conditions de voyage … que donneraient 30 minutes à 27 000 km/h ? Elon Musk y croit car il l’annonce pour … 2023. Et contrairement à Hyperloop, pas besoin de réseau.

Pour conclure j’aimerais donc remercier Elon Musk qui réussit à fédérer de grands esprits autour de vraies problématiques de notre monde, et de l’exposer brillamment pour que l’on puisse rêver de ces projets. J’espère de tout coeur qu’ils se réaliseront (faisant de lui un bien plus grand entrepreneur encore que Steve Jobs qui lui aussi a révolutionné notre quotidien) Pour les esprits chagrins rappelez-vous qu’il s’agit sans doute avant tout de volonté, et que nous nous sommes posé sur la Lune avec du matériel bien plus rudimentaire qu’aujourd’hui (Apollo Guidance Computer – 72 Ko de mémoire morte, et 4 Ko de mémoire vive, je vous laisse imaginer le reste). Tout est possible.

Et vous que pensez-vous des projets d’Elon Musk de l’Hyperloop à la Big F** Rocket de Space X ? 🙂