Un dimanche après-midi au Zénith de Caen, 2 novembre 2025
Il existe des moments rares où le temps semble s’arrêter, où les souvenirs d’enfance resurgissent. Assister au concert de Chantal Goya en famille en était un. Pour moi, ce n’était pas seulement un spectacle, mais une transmission vivante de la bande son de ma petite enfance — celle de mes premiers 33 tours , des Noëls où ses chansons résonnaient en boucle, mêlées aux mélodies Disney qu’elle a aussi interprétées. Ces disques, ces voix, ont bercé mes premières années, bien avant que je ne passe à Dorothée, puis à l’univers de Jean-Michel Jarre et à la musique électronique.
Et puis, il y a eu ces nuits où, pour apaiser Johanna quand elle se réveillait, je lui faisais écouter Le Chat botté et d’autres classiques de Chantal Goya. Ces berceuses magiques, ces mélodies douces, avaient le pouvoir de la calmer, de la replonger dans un sommeil paisible, comme si la voix de Chantal Goya était une présence rassurante.
La nostalgie des vinyles et des fêtes familiales
Je me souviens encore de ces après-midis d’hiver où, enfant de 3 ou 4 ans, j’écoutais les chansons de Chantal Goya. « Bécassine », « Pandi Panda », « Le Soulier qui vole », « Le Chat botté »… Ces titres, gravés dans ma mémoire, étaient indissociables des fêtes de fin d’année, des moments où la maison s’emplissait de magie. Des décennies plus tard, me voici assis dans les gradins du Zénith de Caen, entouré de mon épouse et de nos filles. Les yeux de la plus jeune, brillait d’excitation, comme les miens autrefois. La salle est remplie de familles, de parents, de grands-parents, tous réunis pour célébrer les 50 ans de scène d’une artiste qui a marqué plusieurs générations. Et il se trouve que pour moi, c’était aussi une première.
Dès les premières notes, l’émotion est là, intacte. Les décors féeriques, les danseurs en costumes, les chansons intemporelles… Chantal Goya, toujours aussi pétillante à 83 ans (peut-être moins énergique que dans ses premiers spectacles), nous plonge dans son univers enchanteur. Les enfants chantent, les parents aussi, certains avec une larme au coin de l’œil.
Un spectacle intemporel
Chantal Goya, avec sa voix douce et son énergie inépuisable, réussit l’exploit de rassembler petits et grands dans une même bulle. Elle parle à son public comme à une grande famille, partageant des anecdotes, remerciant ses fans, et transmettant, avant tout, l’amour de la musique et la magie des rêves. Le concert est un savant mélange de nostalgie et de modernité : les décors n’ont pas pris une ride et l’essence reste la même. C’est un spectacle où chaque chanson devient une madeleine de Proust collective.
Voir Johanna s’émerveiller devant les danseurs, les personnages et les mises en scène colorées est un cadeau inestimable.
L’absence de Pandi Panda
Parmi tous les moments magiques de ce concert, une ombre est venue ternir l’émerveillement : l’absence de Pandi Panda. Johanna, qui attendait avec impatience de voir ce personnage emblématique, a vite remarqué qu’il n’était pas là, et que la chanson éponyme n’a pas été interprétée. Elle a posé des questions, avec cette déception sincère que seuls les enfants peuvent exprimer : « Pourquoi Pandi Panda n’est pas venu ? », « Pourquoi on ne l’a pas entendue, sa chanson ? ». Comment lui expliquer que la tête du costume avait été volée quelques mois plus tôt, et que malgré les espoirs de Chantal Goya, elle n’avait toujours pas été retrouvée ? Ce manque a rappelé que même dans un univers de rêves, la réalité peut parfois s’immiscer.
Pour Johanna, qui aimait écouter « Pandi Panda » le soir avant de s’endormir, cette absence a laissé un petit vide, une mélodie en moins dans cette soirée autrement parfaite. Mais c’est aussi cela, la transmission : apprendre que certaines histoires ont des chapitres inattendus, et que même les contes de fées connaissent des imprévus. Peut-être qu’un jour, Pandi Panda reviendra.
Un héritage qui se perpétue
En quittant la salle, une évidence s’impose : cette expérience a créé un lien unique entre nous. Ce concert était bien plus qu’un divertissement. C’était un pont entre les générations, une façon de leur faire toucher du doigt l’enfance de leur père, de leur montrer que certaines émotions traversent le temps sans prendre une ride.
Et maintenant, après Chantal Goya, verra-t-on Dorothée en concert ? Parce que ces artistes, ces souvenirs, ces musiques, font partie de notre histoire familiale. Et quoi de plus beau que de les partager, de les faire vivre, et de créer, à notre tour, des souvenirs inoubliables ?
(Poupées Bécassine à 35 euros : Chantal Goya connaît des difficultés financières majeures : en 2025, elle et son mari ont été condamnés à rembourser 2,18 millions d’euros au Crédit municipal de Bordeaux, une dette liée à des problèmes fiscaux et à une gestion patrimoniale complexe. Malgré une carrière exceptionnelle et des revenus mensuels estimés à 40 000 euros, ses dettes accumulées et l’absence de retraite (en raison de son statut professionnel particulier) la contraignent à poursuivre ses tournées à 83 ans, à la fois par passion et par nécessité financière).
En résumé
Assister à un concert de Chantal Goya en famille, c’est célébrer bien plus qu’une soirée. C’est honorer la transmission, la nostalgie, et surtout, l’amour de ces instants simples qui, finalement, sont les plus précieux.
