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547 jours en captivité d’Hervé Ghesquière. Le choc des cultures.

-« Faut-il rester dans les zones dites sécurisées et se contenter de la bonne parole officielle ou franchir la ligne et tenter d’embrasser une réalité beaucoup plus vaste et complexe avec le risque de tomber dans un piège ? » Hervé

FlickR Creative Commons – Afghanistan – Ricardo Mangual https://www.flickr.com/photos/ricardo_mangual/6011108526/in/photostream/

30 décembre 2009, Hervé (reporter), Stéphane (cameraman), Reza (interprète Afghan) et deux autres accompagnateurs Ghulam et Satarj empruntent la route de Vermont. Cette ancienne route qui traverse la Kapisa, lorsqu’elle sera asphaltée reliera le grand port pakistanais de karachi vers le nord de l’Afghanistan.
Le rôle de l’armée française était de sécuriser cette région avec l’aide des troupes et de la police afghane.

Hervé, Stéphane, Reza et les deux autres accompagnateurs se trouvent dans le district de Surobi, juste au sud de la kapisa. Ils font tout pour ne pas attirer l’attention, Hervé cache sa caméra dans le coffre. Ils sont vêtus d’une grande couverture de laine sur les épaules et se coiffent du célèbre pacoll, le béret Afghan.

Premier check-point (poste de contrôle), une dizaine d’hommes policiers et militaires Afghans les arrêtent.
-« Nous voulons aller à Nigrab en passant par Tagab… » dit Hervé
Les policiers ne veulent pas les laisser continuer mais finalement s’inclinent.
A l’officier d’ajouter : -« de toute façon plus loin, il y a un autre check-point, là-bas ils en sauront plus. »

Mais il n’y aura pas d’autre chez-point. Ils décident de continuer leur route.

Ils abordent un village qui se nomme « Omar Khel », un homme emmitouflé sous un grand pashmina et un foulard traditionnel sur la tête traverse en boitant. Puis, tout à coup, il fait volte-face et se retourne vers eux, pointant le pare-brise avec sa kalachnikov.

C’est le début de la prise d’otages.

On sera plus tard, qu’il y avait un rebelle, infiltré dans la police ou l’armée Afghane qui a prévenu un taliban.

Pixabay Creative Commons. http://pixabay.com/fr/berger-moutons-l-homme-enfants-60810/

Ce que j’en pense :

J’ai fait une plongée contrastée, chargée d’émotions éclectiques, profondes.

Le paysage hypnotique, irréel qu’est l’Afghanistan.
Je cite Hervé : « la lumière change, les sommets révèlent toute leur beauté dans un halo légèrement rosé…Mon Dieu que c’est beau l’Afghanistan. Je peux le palper, l’admirer… ce pays j’en rêve depuis 25 ans….à 2000 mètres d’attitude, il fait un froid de gueux, moins de dix degrés la nuit, et pas de chauffage dans notre pièce absolument glaciale. Mais là encore le paysage est d’une beauté nature à l’état brut si rare. »

Le choc des cultures :
Je cite Hervé « J’apprendrai rapidement que la logique des Afghans m’échappe souvent…les logiques Afghane et Occidentale sont diamétralement opposés. » d’où le dialogue de sourd.

La pauvreté :
Je cite Hervé : « En Afghanistan, dans les masures paysannes, c’est simple, il n’y aucun meuble…il n’y a que la montagne et des villages moyenâgeux. Quand parfois l’électricité existe, elle n’alimente que de faibles ampoules à peine suffisantes pour éclairer une petite pièce » alors qu’on sait que l’Afghanistan est riche, sous ces sols, des minerais, du pavot.

Le tempérament Afghan : réactif, courageux (les femmes travaillant énormément), très sportifs (ils grimpent comme des chamois), versatils…

La difficulté de vivre ensemble dans la promiscuité : Hervé est volubile. Stéphane peu bavard. Reza est traité, de peu courageux.
Et puis on finit par s’amuser comme des enfants. Chacun réagit à sa façon aux conditions pour leur survie : ménage, écriture, exercices de gymnastique, radio.

La personnalité de ce petit garçon Lia qui contraste avec la dureté : Très attachant, pieux, qui apporte en cachette à Hervé un peu plus de pain ou de riz, une part de fromage et parfois même un paquet de biscuits quand le quotidien se résume à un peu de riz et pourtant dira Hervé « criminel parce que gardien d’otage ».

Le message d’un Afghan : laissez-nous régler nos problèmes différents nous-mêmes. Il faut savoir qu’il y a deux ethnies importantes en Afghanistan : les tadjiks et les patchounes.

Flickr Creative Commons : United Nations Photo High Moon over Nili Afghanistan https://www.flickr.com/photos/un_photo/6938581705/

Je vous conseille ce récit.

Non seulement il est très bien écrit. Mais en plus il nous apprend bien plus que ce que nous pouvons entendre dans les médias.

Je vous conseille aussi de voir leur reportage « Pièce à conviction : le cauchemar Afghan », diffusé par France 3.

547 jours en captivité d’Hervé Ghesquière.

 

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