A 200 à l’heure mais pour aller où ?


sortie de piste.jpgAujourd’hui tout va très vite. Notre quotidien ne laisse souvent aucun moment de pause ou très peu. Il faut que tout aille vite : aller à l’école déposer ses enfants, prendre les transports, travailler, travailler, travailler encore, prendre un sandwich ou un repas (*) que l’on avale en oubliant presque aussitôt ce que l’on a mangé, ainsi que trop de cafés, travailler encore en temps réel, avec x sujets en même temps, pas assez vite pour certains, d’autres que l’on trouve trop lents, comme son ordinateur ultra-rapide qui rame toujours quand il faut, accompagner le collègue que l’on apprécie mais qui est un peu inquiétant avec son smartphone toujours à la main et le volant dans l’autre, puis reprendre les transports, chercher les enfants, … pour enfin espérer souffler un peu et profiter de la vie. Souvent on couche les enfants, et on s’endort pas beaucoup plus tard, épuisés et apaisé par un petit moment de bonheur avec ceux qu’on aime.

Je ne le cache pas, j’aime travailler et je le fais toujours à 200%, du moment que les conditions sont réunies pour se donner les moyens de réussir et de s’épanouir. Et puis c’est essentiel, vital même. Il faut bien la nourrir cette famille que l’on a décidé de construire et se donner les moyens de ses ambitions. Mais la qualité de vie en prend parfois un coup et je rêve souvent d’un monde où plus de télétravail, de vrais transports en commun, de crèches et de cantines d’entreprise ou inter-entreprises, d’openspaces aménagés, voir pourquoi pas d’un lieu pour les micro siestes et une salle de sport pour les plus chanceux, nous rendraient le quotidien un peu plus agréable. Voilà un objectif qui me semble bien plus important que 35H dont je n’ai jamais bénéficié par ailleurs.

Ces rythmes effrénés peuvent être source de grands stress, plus ou moins bien supporté selon les tempéraments. Mais je suis persuadé aussi que l’on gagnerait à se poser : pour faire le point, mieux profiter de sa famille, ses amis, ses collègues… et préserver sa santé car au final pour les plus exposés ou les plus fragiles c’est la CPAM qui va casquer. Je pense particulièrement à celles et ceux qui souffrent beaucoup au travail. Certains comme chez France Telecom pour les cas les plus médiatisés, ne trouvent d’autres solutions que se donner la mort… Terrible constat d’une société oppressante et à la dérive ?

Même les formule 1 ont besoin de ravitailler et peuvent être victime de sorties de route.

Moi, j’aime par dessus tout mes enfants, et j’aime la vie. Mes filles me donnent la force d’encaisser pour avancer. Mais parfois j’ai envie de dire halte aux abus, pensons aussi à mieux vivre. La révolution numérique et écologique que nous vivons nous donne aussi l’opportunité de penser notre quotidien autrement, nous le devons à nos enfants. Saurons nous la saisir ?

(*) le crime par excellence en la matière étant pour moi d’avaler de la cuisine japonaise comme un Big Mac !